
3sur10 L'idée de base est relativement alléchante, dans la mesure ou elle peut l'être en sachant qu'elle sera certainement caution à un spectaculaire outré et acculé. Dans un futur proche, la Civilisation jouit d'un progrès technique controversé : le clonage industrialisé à grande échelle. Tout lambda peut désormais disposer d'un double de lui-même dépourvu de défaut qui lui permet de vivre par procuration et ne plus se déplacer de chez soi. Surrogates décide donc d'aller plus loin que l'assez réussi I, Robot.

Malgré un bon démarrage, le film se rate, en préférant taire le potentiel de sa grande idée de départ comme terrifié à l'idée d'échouer devant de tels enjeux. Le réalisateur de Terminator 3 semble battre en retraite et préfère les facilités tape-à-l'oeil [dans ce futur proche ce sont vos copies qui s'amusent et succombent à l'appel de l'ébriété... des clones bourrés, c'est la meilleure !] jusqu'à rendre son scénario plus abruti qu'abracadabrantesque.
Clones ne tarde pas à devenir un film SF banal, un peu trivial, qui offre un certain plaisir nostalgique à ceux qui regrettent un type de superproductions aujourd'hui un peu tombées en désuétude, jusqu'à paraître quelque peu insignifiant, sauf pour un public client du genre qui y sera sensible. En-dehors de cela, on risque de s'ennuyer passée la première demi-heure devant cette accumulation de dialogues clichés et de branques scènes d'action.

Bruce Willis, une fois son clone dézingué, gagne sur un point : il troque la pitoyable coiffure de ce dernier pourtant ''idéal'' et ''parfait'' pour une boule à zéro, ce qui signifie accessoirement qu'il sort de chez lui pour reprendre les choses en mains : en effet, deux étudiants sont morts dans des conditions mystérieuses. Roulements de tambours. Voici l'Agent Greer reprenant du service, mué en sorte de figure anarchiste tourmentée, désabusée, abattue par la vie, qui n'a pour lui plus que l'énergie du désespoir.

Ridicule Bruce Willis censé nous accompagner dans une course tournant de plus en plus à vide, ne proposant plus qu'un pesant d'adrénaline miteux et de régression geek/fans de cinéma d'action 90's, Arme Fatale et consorts. La pseudo-réflexion philosophique n'est plus que prétexte à mener l'aventure jsuq'au bout [pas trop longtemps -1h25, durée très en-dessous de celle moyenne de la superprod' futuriste hollywoodienne-], mais fait toujours bonne figure au détour d'une réplique.

Tout ça pour aboutir à une niaiserie musclée hollywoodienne de plus, avec ses poncifs : retenons à ce sujet le final ou notre méchant de service, sur lequel notre héros déchu pose enfin le grapin, explique son plan point par point. Complexe d'infériorité oblige. Sommets de ringardise. On soupire de dépit en regrettant d'avoir essayé d'y croire, tant le résultat abouti à un petit produit de nabot frileux.

« "Clones", le dernier film de Jonathan Mostow, n'a rien du grand film postmoderne attendu. Série B hirsute, "Clones" résiste, impavide, aux vertiges de l'ère digitale. » Chronic'art
« [Du] postulat de départ, plutôt aguicheur, le scénariste ne développe qu'une intrigue générique et éculée sur laquelle se greffe une mise en scène léthargique » TeleCineObs
« Clones, aussi désincarné que ses protagonistes, ressemble à ça: un vestige des années 90 » Première
« […] A partir de là, Clones n'est plus qu'un film d'action classique, en dents de scie, avec un Bruce Willis qui court et tire dans le tas, oubliant d'expliquer l'intérêt […] du concept initial du film » StudioCinéLive

CLONES = 1sur5
Notoriété>10.795 votes sur IMDB
Votes du public>6.5/10 sur IMDB
Acteurs>2/5. Scénario>2/5. Dialogues>1/5. Originalité>1/5. Audace/provocation>1/5. Visuel/esthétique>2/5. Ambition/Intelligence du propos>1/5.
PinkSataniste sur Canalblog
Avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike, ...
Année de production : 2009








En
revanche, The Hurt Locker réussit son pari dans son rayon action, et
débarrassé de ses escapades documentaires ''la vie derrière la
guerre''' [reportages chez les hommes, les vrais, leur ressentiment à
ce moment-là bla-bla...], s'avère tirer largement profit de son
pari-pris a-politique, lequel est le bienvenu. Là d'ailleurs, le
témoignage semble plus vivant ; les petits soldats, les nerfs à
vif, nous donnent réellement ce qu'ils sont, et leur énergie du
désespoir apporte au film une certaine portée viscérale. Pour une
fois on peut bien l'accorder, les faits sur le terrain apportent plus
que les discours...












