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CLONES [1/5]


 

3sur10 L'idée de base est relativement alléchante, dans la mesure ou elle peut l'être en sachant qu'elle sera certainement caution à un spectaculaire outré et acculé. Dans un futur proche, la Civilisation jouit d'un progrès technique controversé : le clonage industrialisé à grande échelle. Tout lambda peut désormais disposer d'un double de lui-même dépourvu de défaut qui lui permet de vivre par procuration et ne plus se déplacer de chez soi. Surrogates décide donc d'aller plus loin que l'assez réussi I, Robot.

 


 

Malgré un bon démarrage, le film se rate, en préférant taire le potentiel de sa grande idée de départ comme terrifié à l'idée d'échouer devant de tels enjeux. Le réalisateur de Terminator 3 semble battre en retraite et préfère les facilités tape-à-l'oeil [dans ce futur proche ce sont vos copies qui s'amusent et succombent à l'appel de l'ébriété... des clones bourrés, c'est la meilleure !] jusqu'à rendre son scénario plus abruti qu'abracadabrantesque.


Clones ne tarde pas à devenir un film SF banal, un peu trivial, qui offre un certain plaisir nostalgique à ceux qui regrettent un type de superproductions aujourd'hui un peu tombées en désuétude, jusqu'à paraître quelque peu insignifiant, sauf pour un public client du genre qui y sera sensible. En-dehors de cela, on risque de s'ennuyer passée la première demi-heure devant cette accumulation de dialogues clichés et de branques scènes d'action.

 


 

Bruce Willis, une fois son clone dézingué, gagne sur un point : il troque la pitoyable coiffure de ce dernier pourtant ''idéal'' et ''parfait'' pour une boule à zéro, ce qui signifie accessoirement qu'il sort de chez lui pour reprendre les choses en mains : en effet, deux étudiants sont morts dans des conditions mystérieuses. Roulements de tambours. Voici l'Agent Greer reprenant du service, mué en sorte de figure anarchiste tourmentée, désabusée, abattue par la vie, qui n'a pour lui plus que l'énergie du désespoir.

 


 

Ridicule Bruce Willis censé nous accompagner dans une course tournant de plus en plus à vide, ne proposant plus qu'un pesant d'adrénaline miteux et de régression geek/fans de cinéma d'action 90's, Arme Fatale et consorts. La pseudo-réflexion philosophique n'est plus que prétexte à mener l'aventure jsuq'au bout [pas trop longtemps -1h25, durée très en-dessous de celle moyenne de la superprod' futuriste hollywoodienne-], mais fait toujours bonne figure au détour d'une réplique.

 


 

Tout ça pour aboutir à une niaiserie musclée hollywoodienne de plus, avec ses poncifs : retenons à ce sujet le final ou notre méchant de service, sur lequel notre héros déchu pose enfin le grapin, explique son plan point par point. Complexe d'infériorité oblige. Sommets de ringardise. On soupire de dépit en regrettant d'avoir essayé d'y croire, tant le résultat abouti à un petit produit de nabot frileux.


« "Clones", le dernier film de Jonathan Mostow, n'a rien du grand film postmoderne attendu. Série B hirsute, "Clones" résiste, impavide, aux vertiges de l'ère digitale. » Chronic'art


« [Du] postulat de départ, plutôt aguicheur, le scénariste ne développe qu'une intrigue générique et éculée sur laquelle se greffe une mise en scène léthargique » TeleCineObs


« Clones, aussi désincarné que ses protagonistes, ressemble à ça: un vestige des années 90 » Première


« […] A partir de là, Clones n'est plus qu'un film d'action classique, en dents de scie, avec un Bruce Willis qui court et tire dans le tas, oubliant d'expliquer l'intérêt […] du concept initial du film » StudioCinéLive


CLONES = 1sur5

Notoriété>10.795 votes sur IMDB

Votes du public>6.5/10 sur IMDB

Acteurs>2/5. Scénario>2/5. Dialogues>1/5. Originalité>1/5. Audace/provocation>1/5. Visuel/esthétique>2/5. Ambition/Intelligence du propos>1/5.


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Clones - ma note pour ce film :
Réalisé par Jonathan Mostow
Avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike, ...
Année de production : 2009
LUCKY LUKE [2/5]
4+sur10 Lucky Luke est peut-être l'objet le plus bizarre de la rentrée. Non qu'il soit radicalement anticonformiste ou monstrueusement pittoresque, le second film du tandem James Huth/Dujardin [cinq ans après Brice de Nice] ne ressemble à rien de ce qu'on attendait, adoptant la forme d'une espèce d'hybride oscillant entre un esprit personnel et celui du plus anecdotique des navets.

Jean Dujardin. Christine Tamalet

Ce qui sera pour beaucoup le drame de Lucky Luke, c'est son humour, reposant sur des ingrédients largement au-delà de leur date de péremption [que penser du comique balourd de la ''scène-surprise'' avec Jolly Jumper, digne des instants les plus beaufs de Dr Dolittle].


Cette adaptation de la BD est nourrie de nombreux parti-pris qui auront pour résultat de décontenancer l'ensemble du public et d'en laisser plus d'un sur sa faim. Le film fait preuve d'une relative originalité, soigne la forme [la réalisation est assez audacieuse, tout en étant héritière d'une certaine tradition esthétique appréciée de son auteur et qui ne manque pas d'y faire référence], mais la sauce semble ne jamais prendre.

Jean Dujardin. Christine TamaletJean Dujardin et Alexandra Lamy. Christine TamaletJean Dujardin. Christine Tamalet

Surtout, l'ironie est ici une notion mal digérée. Les spectateurs ont ainsi trop souvent une longueur d'avance, et les maigres détails introduits aux scènes ''sérieuses'' n'y changent rien, tant le premier degré est de mise et le second, trop fragile, peine à exister.


Lucky Luke 2009 cherche ainsi à se démarquer et ressemble moins effectivement à la BD que Les Dalton d'Eric & Ramzy. Craignant l'échec peut-être ici, Huth abandonne les personnages principaux qu'étaient les Dalton et Rantanplan ; au lieu de cela, il recrée l'univers du lonesome cow-boy en y conviant les autres terreurs du Far West, authentiques figures quand à elles : Calamity Jane, Billy the Kid et Jesse James sont donc de la partie.

Daniel Prévost. Christine TamaletMichaël Youn. Christine TamaletJean Dujardin. Christine Tamalet

Mais justement, cette métamorphose est incomplète, manque d'assurance en elle-même au point de se confondre dans quelques longueurs, paraissant ne jamais savoir quand est l'heure de s'en tenir là [le gag du trou de balle, les scènes chantées avec Alexandra Lamy bien que passables,...]. Les éléments secondaires de la BD sont relégués à l'arrière-plan ou mal exploités, jouant toujours sur la même gamme, comme le personnage du croque-mort. En outre, pas de scènes ou de répliques-cultes dans cette nouvelle version linéaire. Au final, Huth a raté son objectif et ennuie le spectateur.


En fait, ce Lucky Luke ressemble à un essai ou à un bonus de tournage. On peut affectionner l'effet brouillon, toujours est-il que l'atmosphère ''cartoonesque'' que tente d'insuffler James Huth à son produit se solde par un résultat en demi-teinte, en dépit d'une foi manifeste en ce projet inabouti à l'écriture bâclée et foutraque. Difficile cependant de se prendre de passion pour ce qui ressemble à une espèce de Tarantino Junior, ou Les Nuls présentent Kill Bill dans le désert, et ce malgré des décors haut-en-couleurs et qui font la réelle inventivité du film.

Sylvie Testud. Christine Tamalet

Le casting à la fois bankable et éclectique est peut-être la seule réussite assez complète du film ; mais là encore, il y a nuance, puisque ce sont les rôles les moins ouvertement comiques qui retiennent le plus notre attention, Jean-François Balmer en tête ainsi que Sylvie Testud [affublée cependant de dialogues foireux qui limitent son personnage pourtant plus recherché que la moyenne]. Tant qu'à Michael Youn, qu'on le prenne pour un prophète ou un comique de fin de repas, il faut lui reconnaître une certaine énergie qui étonnement apparaît comme un moteur du film. On restera cependant plus dubitatif devant Melvil Poupaud cependant se prend autant au sérieux que son personnage. Le manque de folie du personnage d'Alexandra Lamy ne l'empêche pas d'être convaincante, mais la réduit à un simple faire-valoir.



Et puis Jean Dujardin, bien sûr ! Les puristes ne se font certainement pas d'illusions et ils ont raison, puisque le cow-boy blagueur et taquin des Dalton [Dujardin était de la partie, dans un rôle discret] s'est mué en personnage typique de l'acteur : ainsi, ce Lucky Luke est misogyne et orgueilleux, mais rongé par un événement de son passé [c'était la chute trapéziste dans OSS 117, la mort des parents ici ; même flash-backs insistants ici, mais l'idée et le résultat ont un goût différent]. Tant mieux peut-être ; lorsque Huth essaie de donner un LL fidèle, on abouti à un trop long plan-séquence sur le cow-boy relooké accouchant d'un « Il va pleuvoir » ; à l'image du film, on se demande s'il n'y a pas un problème de montage, ou si celui-ci ne se regarde pas un peu trop le nombril.

Jean Dujardin. Christine Tamalet

Une brochette d'acteurs cabotins, autant au service de leur personnage que de leur image-type [Michael Youn notamment, Daniel Prévost mille fois plus encore], remue donc cette sauce et apporte du caractère à ce film qui aurait aimé en avoir bien davantage. C'est ainsi que Lucky Luke est soit un film plat comme la Belgique [et trop timide], soit un film-synthèse. Au final, ça donne donc bien quelque chose de ''bizarre'', mais loin d'être perturbant ou novateur pour autant...


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Consacré à la saga : Hellraiser

 

Acteurs>3/5. Scénario>1/5. Dialogues>1/5. Originalité>2/5. Audace>2/5. Emotion>1/5. Visuel>2/5.

 
Lucky Luke - ma note pour ce film :
Réalisé par James Huth
Avec Jean Dujardin, Michaël Youn, Sylvie Testud, ...
Année de production : 2009
DEMINEURS (2/5)

5sur10 Comme toujours vous aurez le droit à des propos dithyrambiques sur « un film qui parle de l'horreur et l'absurdité de la guerre », dernière nouvelle, mais pour les amateurs il n'y a aucune raison de manquer la piqûre de rappel. Pour info, c'est évidemment aussi « un film profond », qui en plus exploite « la psychologie » de ses personnages : la démarche est sincère, mais le résultat est franchement lisse voir académique, ces personnages-là n'ouvrant leur cœur que pour souligner que la guerre, ça leur fait mal au cul. Et ce discours-là, il est déjà intervenu des milliers de fois, quitte à devenir une anecdotique convention aux yeux du spectateur, qui ici plus que jamais, ne peinera pas à se détacher de l'empathie qu'on lui livre sur un plateau d'argent à peine s'est-il planté en Irak (mais progressivement, le film se détachera de ses personnages, malgré toujours quelques incartades).


The Hurt Locker ne ralliera pas à sa cause ceux qui sont réfractaires au genre, non parce qu'il se sentiront imperméables à ce spectacle mais parce qu'ils resteront sur leur faim ; en effet, Démineurs sait retenir notre attention mais diffuse parfois mal sa dose d'adrénaline [pas de testostérone, on est pas devant un film définitivement étiqueté '''de mec''], son propos se diluant dans quelques scènes ''psychologiques'' assez balourdes.


En revanche, The Hurt Locker réussit son pari dans son rayon action, et débarrassé de ses escapades documentaires ''la vie derrière la guerre''' [reportages chez les hommes, les vrais, leur ressentiment à ce moment-là bla-bla...], s'avère tirer largement profit de son pari-pris a-politique, lequel est le bienvenu. Là d'ailleurs, le témoignage semble plus vivant ; les petits soldats, les nerfs à vif, nous donnent réellement ce qu'ils sont, et leur énergie du désespoir apporte au film une certaine portée viscérale. Pour une fois on peut bien l'accorder, les faits sur le terrain apportent plus que les discours...


Kathryn Bigelow [K-19 le piège des profondeurs, Point Break, Blue Steel...], l'une des seules femmes sur le terrain de l'action aux USA comme en règle générale, pond donc un nouveau film typiquement ''masculin'' avec un certain brio, mais la soit-disante facette ''féminine'' qu'elle apporte d'ordinaire ne se retrouve pas là ou on pourrait l'attendre. Son nouveau bébé accuse un profond manque d'originalité et n'apparaît somme toute que comme un film de guerre routinier, efficace, nerveux au risque d'être harassant, mais parfois naïf. Le récit est conventionnel et sans aucune surprise, simplement le schéma narratif basique est bien habillé ici, suffisamment pour que chacun ne se sente pas largué. Dommage que Bigelow ne franchisse pas le point de non-retour et se contente de l'évoquer, conservant toujours [sauf lorsqu'elle cède à un certain sentimentalisme, loin d'être langoureux mais assurément convenu -le gamin ''Beckham''-] une trop grande distance avec son sujet, permettant au spectateur d'adopter un point de vue intelligent et rigoureux, mais ne le bousculant ou le tourmentant en aucun cas.


taGs


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Démineurs - ma note pour ce film :
Réalisé par Kathryn Bigelow
Avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty, ...
Année de production : 2008
WANTED (1/5)


En ce moment sur M6 (et accessoirement dans quelques instants...)


3sur10 L'ennui avec la banalité, c'est qu'on ne sait trop qu'en dire tant on la consomme sans passion. Wanted est sans surprise l'une de ces séries policières de plus, de celles qu'on regarde sans trop sourciller mais sans réel plaisir. Et qui plus est, ce n'est qu'un vague bouche-trou intervenant ces samedi soirs ou on se trouve un peu désabusés, paumés chez soi avec le sentiment d'être un peu seul au Monde, branchés sur M6 bien entendu.


Affublée d'une bande-son heavy un peu bidon, Wanted propose un programme musclé, se spécialisant dans la traque de fugitifs. La réalisation est honorable bien que la caméra soit abandonnée à des gens qui ont un peu trop la bougeotte. Oui, bon d'accord, la réalisation est assez branque et ne mise que sur un sensationnel de pacotille (ultime argument permettant une fluidité parfaite entre les ingrédients de la recette suivante : action/fighting/ réaction/''dans la vie faut pas oublier ses couilles parce que la vie c'est pas une partie de rigolade'').


Trop anecdotique et ordinaire pour marquer les esprits, l'aventure Wanted n'aura durée que le temps d'une saison (tournage en 2005, diffusion US en 2006, ces jours-ci en France) soit treize petits épisodes. Le médiocre doublage français et les faiblesses scénaristiques (abyssales concernant les personnages secondaires, d'autant que la trashitude discount nuise aux quelques potentielles bonnes idées qu'on peut apercevoir) enterrent définitivement la série, au fond sérieusement lourdingue (les dialogues au ''cynisme'' niais et éculé sont aux RDV, intrigues encore moins malines qu'elles en ont l'air).


Avec Gary Cole, acteur apparaissant de façon épisodiques aux génériques de nombreuses séries US majeures telles Desperate Housewives, Monk & Co, ainsi qu'à ceux de films de consommation courantes tels Espion et demi ou Photo obsession, mais plus souvent des trips potaches à la Ricky Bobby. Bref, rien de nouveau avec cette série plutôt mauvaise, à la philosophie pas forcément réac mais un peu sclérosée des neurones et surtout très conventionnelle, dont on a fait le tour en un épisode...


>>tAGs.....



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Wanted - ma note pour cette série :
Série créée par Jorge Zamacona
Avec Joaquim de Almeida, Gary Cole, Rashida Jones, ...
Nationalité : américaine
LA PROPOSITION (1/5), PITOYABLEMENT NORMAL, A L'IMAGE DE TOUT CE QU'EST DEVENU UN GENRE
Sandra Bullock et Ryan Reynolds. Walt Disney Studios Motion Pictures France

2sur10 Vous désespérez depuis Bridget Jones de redécouvrir une comédie sentimentale originale voir fantasque ? Vous êtes nostalgique d'un genre dont les grandes heures semblent passées et pour lequel recyclage et classicisme [autant dans le fond que dans la forme] sont maîtres-mots ? Alors n'espérez plus rien : The Proposal est une nouvelle portion de ce cinéma familial, rassurant et convenu comme il se doit. C'est ce qui fait d'ailleurs l'un des blockbusters de la rentrée 2009...


Dans un tout premier temps, et malgré sa BO bidon, le pari s'annonce cependant honnête et laisse entrevoir la possibilité d'un divertissement enthousiasmant, bien que les ficelles soient un peu grosses et que tout résonne un peu « comme dans... ». Comme dans Le Diable s'Habille en Prada surtout ; ainsi, quand Sandra Bullock débarque en ersatz de Miranda Presley, on est en droit de douter un instant...


Ce serait dommage cependant puisque cette-dernière sauve le film et nous sauve nous de notre torpeur. Il fallait bien une actrice de sa trempe [cf. L'amour sans Préavis, une jolie réussite] pour savoir booster des situations convenues, ainsi qu'un personnage assez poussif qui parvient pourtant à faire illusion.


Bullock est donc Margaret ; Margaret, une femme pressée et un supérieur hiérarchique tyrannique, bien sûr. Celui d'Andrew [Ryan Renolds, en tête d'affiche avec le très moyen Amityville] en l'occurrence, et ce depuis quatre ans. Elle le méprise et c'est bien normal... Jusqu'au jour ou on lui annonce qu'ayant oublié de renouveler sa Visa [oui, elle est très occupée..], la canadienne [qui ne s'en souvenait pas trop pour tout dire] sera expulsée du sol américain dans les plus brefs délais, pour une durée d'une année.


Mais voilà qu'arrive son assistant ; et qu'ils cachent depuis près de six mois leurs fiançailles. Oui, Andrew et Margaret vont se marier ; ainsi, madame restera au pays ! Tout va pour le mieux alors... Sauf qu'il est temps pour Margaret de découvrir la famille d'Andrew, afin de donner chaire à leur mensonge.

Walt Disney Studios Motion Pictures France

Personne n'est dupe qu'il ne s'agit là-dedans que d'un prétexte, mais il est clair que beaucoup regretteront qu'un détail aussi croustillant ne donne pas lieu à un scénario plus audacieux. Nous savons aussi que Mr n'avait pas besoin de présenter Mme à toute sa famille ; sauf qu'on est en Amérique, que se marier c'est franchir un point de non-retour, et qu'au fond, la famille, il n'y a rien de plus beau...


Car, comme Margaret [dans un premier temps, logique], on s'ennuie passé les vingt premières minutes [anodines mais pas déplaisantes et même parfois pince-sans-rire], sur le sol d'Alaska au milieu des braves et incontournables figures locales.


Dès lors, Anne Fletcher ne cache plus ses motivations premières : l'important, c'est le ''retour'' aux ''sources'' ! Et c'est sûr, on retombe sur nos pieds : évidemment sans surprise [oui, tout ce que vous pensez, et surtout cette fin-là, va se produire], la recette se fait à base de petits drames bidons, de liens familiaux fragiles mais finalement tellement profonds, d'une grand-mère hystérique [Betty White, assez à côté de la plaque, peu aidée par une psychologie degré zéro et des répliques et petits malaises lus, vus et entendus mille fois], de dialogues ''drôles'' mais ''sincères''... The Proposal apparaît d'ailleurs comme sérieusement pitoyable lors de séquences-émotions rases-mottes, d'autant plus repoussante qu'elle constituent un ratage aberrant.


Ce sont toujours les mêmes procédés ringards et leur suffisance qui se retrouvent ici pour un résultat d'une banalité carrément navrante et une réflexion de fond toujours aussi poussiéreuse et obsolète [ce cinéma commence à se répéter, mais jusqu'à-quand encore ? Quand est-ce que les gens de la ville ne seront plus des gros cons superficiels ?]. L'air de nous dire qu'on a beau être dans des contrées reculées ou tout le monde se connaît, c'est bien là et pas ailleurs qu'on touche à la vérité au sein de son douillet foyer, celui-là même qui est le seul apte à nous rendre solide et heureux.


Le film se confond donc dans une sorte de complaisance aux accents presque campagnards, sinon quelque peu conservateurs ; ainsi, le film se clôt presque sur ce « Montres-lui qui est l'patron Andrew », effrayante réplique qui survient lors de l'annonce officielle du dénouement du film [que je ne vous livre donc pas pour éviter les Spoilers... ba quoi ?] ; la citadine émancipée a su trouver l'homme qu'il lui fallait. C'est beau, c'est couillu, c'est aussi romantique qu'une baraque à frite sous la pleine lune...

Sandra Bullock. Walt Disney Studios Motion Pictures FranceBetty White et Sandra Bullock. Walt Disney Studios Motion Pictures FranceSandra Bullock et Ryan Reynolds. Walt Disney Studios Motion Pictures France

Alors, nouvelle proposition réac de la part du cinéma américain ? On aimerait bien affirmer l'inverse, pour une fois, mais ça semble bien difficile... Anne Fletcher n'a que son charmant duo pour nous séduire, et on se demandera longtemps encore ce que celui-ci est venu faire dans cette galère dont il est le seul atout. Dormez sur vos deux oreilles, on est pas prêt de bouger...


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La Proposition - ma note pour ce film :
Réalisé par Anne Fletcher
Avec Sandra Bullock, Ryan Reynolds, Betty White, ...
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